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M.5.2-Les victimes - Témoignage de François

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Un autre témoignage de victime de prédateur d'enfants, extrait encore du livre "pédophilie, prévenir pour protéger" de Latifa Bennari.

Je commence par poster le témoignage (légèrement abrégé) que je commenterai en détail au post suivant :



INTRODUCTION : CE QUE NOUS DECIDONS DE FAIRE DE CE QUE LA VIE A FAIT DE NOUS

Jean-Paul Sartre disait "l'important n'est pas tant ce que l'on a fait de nous mais ce que nous faisons nous même de ce qu'on a fait de nous". Nous subissons en grande partie ce que nous sommes, ce que la vie a fait de nous. Pourtant, il est possible de reconstruire sur cet héritage non choisi et de reprendre notre vie en main. Il est possible de repousser les limites de la fatalité, si nous décidons et si nous recevons un soutien approprié.

J'ai voulu écrire ce texte pour témoigner que nous avons en nous même la capacité de nous recréer, de devenir acteur digne de notre propre reconstruction, même si nous avons le sentiment d'avoir touché le fond de la faiblesse, de la dépendance et de l'aliénation, même si nous croyons être prisonnier de nous même.

I-L'ABUS SEXUEL

Aussi loin que remonte ma mémoire, j'éprouve l'impression angoissante de ne pas pouvoir compter sur les adultes qui m'entourent. Ils me semblent imprévisibles, pris dans leurs propres difficultés et faiblesses. Vers six ans, alors que je ne suis pas en bonne santé, ma mère croit bon de m'envoyer en cure dans un centre spécialisé pour y respirer le grand air. Je vis cet épisode comme un véritable abandon et mon sentiment de solitude s'amplifie. A huit ans, un soir, en rentrant de l'école, je suis intercepté dans l'entrée de mon immeuble par un homme qui me demande de le faire entrer chez moi. Il me contraint à des attouchements en m'affirmant qu'il est médecin et va faire mon éducation sexuelle. Il m'oblige à me dévêtir, à m'allonger sur le lit à côté de lui et me demande de le masturber jusqu'à l'éjaculation. Cet abus se déroule sans violence physique, uniquement par la contrainte de l'autorité adulte. le fait de ne pas avoir été forcé par une violence physique me laisse une impression ambigüe : j'ai le sentiment d'être responsable de ce qui s'est passé. Après tout, c'est moi qui ai fait entrer cet homme chez moi. Je me sens coupable, sale, honteux. Je décide de ne rien dire à ma mère. J'ai très peur de son angoisse qui accentue souvent la mienne, je crains de lui faire de la peine et je préfère ne pas provoquer une telle situation.

II-CONSEQUENCES

Dans les mois qui suivent, mon état psychologique se dégrade. Je suis déconnecté mentalement ; je me réfugie dans un monde de rêveries permanentes. Le monde extérieur m'apparaît comme menaçant. C'est un monde sur lequel j'ai le sentiment de ne pas avoir prise. Je me mets à faire de plus en plus de cauchemars et je deviens de plus en plus anxieux. Je recommence à faire pipi au lit toutes les nuits. En plus d'une perception négative du monde qui m'entoure, je perçois négativement mon propre corps sur lequel j'ai le sentiment de ne pas avoir davantage de prise que sur le monde extérieur.

II.1-PEUR DE LA MASCULINITE

J'ai de plus en plus de mal à accepter mon état de garçon. Je pense que les garçons sont méchants et violents. je me sens sale et coupable d'être un garçon, je trouve le sexe de l'homme repoussant. Aussi, mon père est violent et bat sa femme avec laquelle il s'est remarié. J'assiste parfois à ces scènes violentes. Il n'est pas rare qu'elles se terminent par une relation sexuelle et j'assimile de plus en plus la sexualité à un pouvoir exercé sur l'autre. Le fait d'avoir été moi même abusé entretient en moi l'idée que le sexe transforme l'autre en objet inerte, inoffensif et sans volonté propre. Grandit alors en moi la crainte de devenir comme mon père et je commence à m'habiller en secret avec les habits de ma mère en rêvant que je suis une fille.

II.2-ISOLATION ET REFUGE DANS LA REVERIE

De mes neuf à douze ans, je construis ma personnalité en m'isolant intérieurement. Dans le monde extérieur, je suis craintif et angoissé, inadapté, j'ai le sentiment de ne rien pouvoir contrôler et de subir les évènements. Dans mon monde intérieur, par contre, je m'affirme et réduis tout à ma propre mesure. J'élabore des sociétés à ma dimension, je suis dominateur, chef de guerre incontesté, je donne la mort et je donne la vie à mes esclaves, rien ne me résiste. Ces rêveries s'amplifient et me mettent mal à l'aise. J'aspire à être une fille mais je sens grandir en moi des pulsions paradoxales de virilité exacerbée. Ces divagations me mettent de plus en plus mal à l'aise, d'autant plus que je commence à être peu à peu envahi par des images de violence sexuelle. Mon attrait pour les situations mortifères se développe. Alors qu'un échange de paroles avec les adultes qui m'entourent m'aurait peut-être permis de trouver l'aide que j'attendais, je m'enferme dans les mensonges. Je suis souvent choqué par mes propres dessins, mais j'en tire un tel plaisir que je n'arrive pas à me détourner de cette pratique.

II.3-HYPERSEXUALISATION DUE A L'ISOLATION

Parallèlement, vers dix ans, je découvre deux revues pornographiques que je me mets à regarder frénétiquement. Je suis comme absorbé par cette activité qui occulte le monde extérieur et ses menaces. Je m'oublie totalement et mon angoisse disparait. Je commence à collectionner des images érotiques. A onze ans, je deviens consommateur systématique et organisé de pornographie.
Certains adultes observateurs, qui sentent mon attrait intense et prématuré pour le sexe, m'incitent à partager avec eux ma fascination. Ainsi, lors d'un voyage en Angleterre, la famille qui m'accueille ne tarde pas à chercher à m'impliquer sexuellement. Ils me mettent sous les yeux des photos érotiques, dont certaines très choquantes. J'ai aussi été témoin de scènes sexuelles réelles se déroulant dans cette famille.
Vers douze ans, mon comportement va encore s'accentuer avec la découverte de la masturbation complète. Dès que mon développement physique le permet, la masturbation devient pour moi une pratique intensive, un recours systématique contre l'anxiété. Je m'isole dès que possible après chaque stress, chaque échec, chaque défaillance, pour me soulager dans la masturbation.

II.4-CULPABILITE DUE AUX FANTASMES

Mes cauchemars et mes fantasmes se développent dans le sens exclusif de la cruauté, de la souillure et de la domination. j'utilise maintenant l'écriture pour développer mes fantasmes. Parfois, je déchire ou brule l'ensemble de mes cahiers en me jurant de ne plus recommencer. Mais celà ne dure pas plus de quelques heures à quelques jours. L'angoisse même après être sorti de l'excitation, face à la réalité de mes textes ou de mes dessins me jette dans une phase de culpabilité et de depression dont je n'arrive pas à m'extraire par d'autres moyens la réactivation du fantasme. Mon attirance et admiration voir vénération pour la féminité vont se doubler progressivement de son contraire : la haine. En plus de mes problèmes d'identité - je rêve régulièrement d'être une femme, sans pour autant ressentir d'attirances homosexuelles. J'ai peur d'être rejeté par les gens et je suis convaincu qu'ils ne peuvent pas m'aimer comme je suis. Il m'arrive par moment d'être sûr que les autres peuvent voir dans ma tête ou ressentir ma saleté intérieure. Il m'arrive par moment d'être sûr que les autres peuvent voir dans ma tête ou ressentir ma saleté intérieure. Un jour, à treize, ma mère qui regardait la télé, je lui mets machinalemet la main sur l'épaule. Elle la retire énergiquement et se tourne vers moi avec un regard angoissé en me demandant avec sécheresse de la laisser tranquille. Dans le couloir, j'entends la présentatrice évoquer les pratiques de la torture dans un pays d'amérique du sud. Les larmes aux yeux, j'entends encore quelques mots de tortures sexuelles sur des prisonnières politiques. Je me jette sur mon lit en pleurant le ventre tétanisé. Je suis convaincu que ma mère me rejette parce qu'elle vient enfin de comprendre qui je suis. Un homme, un violeur potentiel, un être abject et dangereux. Je suis coupable de la souffrance des femmes d'Amérique du Sud. Ne suis-je pas un bourreau et un sadique en puissance? J'ai la certitude d'être coupable et d'être rejeté pour avoir un sexe. Depuis ce moment, les contacts avec ma mère deviennent pénibles pour moi. Je ne supporte presque plus qu'elle me touche. Je me mets à détester cette femme qui m'a mis au monde. A 15ans, ma mère découvre l'un de mes cahiers secrets. j'invente n'importe quoi pour la calmer et me justifier. Je me sens enlisé dans le mensonge, prisonnier d'un univers fantasmatique en passe de devenir plus attrayant que la réalité qui s'estompe.

II.5-DEPENDANCE SEXUELLE

Je suis certain que je n'ai rien à attendre de l'extérieur, de ma mère ni de personne. Je fréquente surtout des clochards et marginaux. Je me sens déchet parmi les déchets. J'adopte des conduites autodestructrices en avalant, fumant et respirant tout ce qui s'offre à moi et qui me permet de fuir la réalité. Je vis une véritable période toxicomaniaque. Je vis une véritable escalade qui me pousse à concevoir et expérimenter sans cesse de nouvelles pratiques, comme la sexualité avec les animaux. Je m'introduis dans les balcons et terrasses pour dérober des sous vêtements féminins sur les sèche-linge.

J'ai 17ans et je suis convaincu que je ne parviendrai jamais à avoir des relations sexuelles avec une femme. Je suis certain que les femmes ne peuvent que me rejeter si elles découvrent mon univers intérieur. Je suis pris de terreur à d'avoir à faire l'amour, de me laisser toucher. Comment pourrait-on éprouver du plaisir à mon contact? Pour moi, le sexe n'est pas un jeu, c'est un antidote contre la peur, une arme contre la souffrance, une manière d'affirmer son existence, de survivre. Je ne mérite que laideur et souffrance pour me rassasier... d'ailleuirs, seules la laideur et la souffrance m'excitent et me stimulent sexuellement. Parfois j'ai la sensation que je ne parviendrai pas à me soulager tant que je n'aurai pas vécu de nouveau une expérience abusive. La perspective de devenir agresseur me perturbe énormément. c'est une pensée séduisante et harcelante mais également intélorable. Je préférerais me suicider plutôt que de passer à l'acte.

III-RENCONTRE AVEC MARIE

III.1-UNE LUEUR D'ESPOIR POUR CHANGER


Un jour je rencontre celle qui va devenir ma compagne de vie et de lutte. Cette jeune femme est pleine de vitalité, de simplicité. Sa naïveté et sa joie brillent comme une lumière dans les ténèbres de mon nihilisme et de mon désespoir. Je n'arrive pas à croire que ce soit possible, qu'une femme puisse me faire confiance, moi le menteur, le monstrueux. Je suis presque sûr qu'elle va rapidement comprendre à qui elle a affaire et tourner les talons.
Je ne lui dévoile pas mon univers intérieur mais je ne peux dissimuler mon tempérament suicidaire et mon absence d'espérance en l'avenir. En étant simplement elle-même, elle finit par me convaincre de saisir cette chance. Nous commençons à vivre notre vie. Pour la première fois depuis des années, je me sens en sécurité. Je me décrispe, je m'ouvre. Marie ne semble rien attendre de moi que ma présence. Je n'ai rien à prouver. Elle me prend et m'aime comme je suis. Je me laisse toucher, craintif, comme un traumatisé, qui appréhende le moindre effleurement. Elle est douce et patiente, elle défait mes noeuds un à un. J'arrive à me détendre peu à peu. Comme propulsé au delà de mes limites par l'amour de Marie et par ma nouvelle foi, je traverse une période de plusieurs semaines sans fantasmes sexuels perturbateurs. Je retrouve l'espoir de me réinsérer. J'accepte un petit boulot à la mairie de la ville. Je veux retrouver ma place dans ce monde, devenir utile, donner un sens à ma vie. Je me sens différent, presque beau, l'énergie de partir à la conquête de moi même.

III.2-DIFFICULTES POUR CHANGER

Mais l'euphorie ne dure pas. Je dois me confronter de nouveau à la réalité, aux stress et aux responsabilités du travail, à mes peurs, doutes et échecs. Les fantasmes ressurgissent après une émotion forte, une déception. Je comprends qu'il faudra se battre dans la durée. Je suis prêt à m'engager dans ce combat. Dans les crises graves, il m'arrive de m'absenter plusieurs jours sans donner de nouvelles. Dans une atmosphère intérieure où se mêlent la panique et l'excitation extrême, j'erres de longues absorbés par mon chagrin et mes fantasmes. Je ne sais plus si j'éprouve du plaisir ou de la souffrance. La plupart du temps, j'échoue dans une cabine de sex-shop crasseuse à visionner les séquences les plus répugnantes. Après de telles virées je me sens plus irrecupérable et honteux que jamais. Je ne parviens à chasser ces temps de dépression qu'en renouant avec des pratiques autoérotiques et mon univers fantasmatique sordide. Je me sens méprisable et indigne de toute confiance. Cette idée est d'autant plus enraciné en moi que je n'ai jamais eu la possibilité de confier à quiconque mon vécu intime. Marie, qui ne connait rien de mon univers secret, m'aide comme elle peut à lutter contre mes phases dépressives.

Le point culminant de cette période de rechute, mais aussi une prise de conscience majeure, point de départ d'une véritable transformation, est atteint lors du suicide de mon père en 1991. Alors que je m'approche du gouffre, je vis un véritable éclair de lucidité intérieure. Je suis en train d'utiliser la mort de mon père comm alibi pour m'autoriser une ultime dérive. Je détruis tout, l'amour et la confiance de ma femme, le bonheur futur de mon fils, mon travail, mon insertion sociale.

III.3-PRISE DE CONSCIENCE

Heureusement Marie est encore là et me tend la main. Le suicide de mon père me pousse à regarder en face ce que j'avais occulté jusqu'à présent. Pour la première fois, je m'interroge sur ma famille, sur mes parents et mon enfance. J'apprendrai par la suite que la sexualité était vécue de façon problématique et douloureuse par d'autres membres de ma famille, y compris par mes parents. Pour la première fois, j'envisage un lien entre l'abus subi à 8ans et la construction de ma personnalité.

Une nuit, je raconte à Marie l'abus sexuel subi à Paris alors que j'étais enfant. Emotionnellement, c'est un moment terrible. J'ai la sensation que mon corps libère des années de tension accumulée. Je tremble, je fonds en larmes. Je m'attends à être rejeté, abandonné. Mais ma compagne me témoigne de son amour et de sa confiance. J'ai alors l'impression qu'un poids énorme vient de mettre ôté. Je sens que le passé, aussi laid soit-il, peut -être apprivoisé et retourné au service du présent et de l'avenir. Cette conviction ne va plus cessé de grandir et de se renforcer. A cette époque, je me jure de ne pas abandonner ceux qui vivent comme moi dans la dépendance sexuelle, lorsque je serai sorti de cet enfer. Se rejeter et se mépriser ne conduit nulle part. Oui, même le mal en soi doit être accueilli, non pour être nourri et encouragé, avec laxisme et complaisance, mais pour être transformé, orienté vers sa vraie destination : le bonheur.

III.4-APPRENDRE A SE CONNAITRE

Je sens que je dois apprendre à me connaitre de manière précise. Je dois apprendre à me connaitre. Comprendre comment je fonctionne, quels sont mes mécanismes intérieurs, ma logique interne. Ainsi au fil du temps, je découvre une individualité dont j'ignorais presque tout, que j'avais jusque là méprisée et écrasée sans vraiment le connaître. Ainsi au fil du temps, je découvre une individualité dont j'ignorais presque tout, que j'avais jusque là méprisée et écrasée sans vraiment le connaître. Marie m'aide à voir mes qualités et mes atouts là où je ne voyais que faiblesse et perversion. Mais se libérer du mal n'est pas uniquement chasser ses fantasmes et refouler ses pulsions. La reconstruction de soi se fonde sur la mise en place de nouvelles relations, de nouvelles activités, de nouveaux investissements humains.
J'ai décidé de ne plus fuir mais d'affronter la réalité telle qu'elle est. J'ai soif de vérité. Je suis maintenant convaincu que mon héritage personnel peut-être retourné et transformé en armes de reconquête.
Tout ce par quoi je suis passé m'apparait alors comme une connaissance et une expérience exploitables, valorisables et valorisantes. Ce qui me lestait comme du plomb devient alors un bagage précieux, utile aux autres. Je commence alors à reflechir aux moyens pratiques de partager mes découvertes, de mettre en place une solidarité concrète avec d'autres dépendants sexuels. J'envisage la création d'une association et d'un site internet d'entraide et d'information.
Je connais maintenant les pièges que je me tends à moi même, pour me mettre en état d'échec ou de détresse. Je parviens de mieux en mieux à maîtriser mon univers fantasmatique. Il y a bien sûr des défaillances et il m'arrive d'aller regarder quelques images pornographiques sur internet lors d'une période d'anxiété, de fatigue ou de découragement. Mais ces moments de faiblesse vont en diminuant, tant dans leur durée que dans leur fréquence.
J'ai appris à me battre contre moi-même et le gout de la victoire sur moi-même remplace peu à peu celui du perpétuel échec. Je commence enfin à m'assumer et à m'aimer.
Je ressens le besoin ardent de vivre à la lumière pour définitivement rompre avec la honte et le mensonge. Pour moi, il s'agit de quelque chose de vital.

III.5-CHANGER SON POINT DE VUE

Un soir, je confie à Marie certains aspects de ma vie intérieure secrète. C'est un nouveau test pour notre amour. J'ai besoin de savoir si je suis aimé pour ce que je suis ou si mon couple est construit sur une illusion. Malgré les quelques perturbations qui suivent, notre relation résiste à l'épreuve. A partir de là, les progrès vont être de plus en plus rapides, même si je dois souvent lutter pour dépasser de vieux schémas de pensée qui ressaisissent ponctuellement. Je dois accepter l'idée que la joie ne m'est pas refusée. Retirer la vieille défroque de la victime et de l'indigne mettra plusieurs années. Mis à part quelques dérapages vite dominés, j'ai cessé de consommer de la pornographie et je n'ai plus de masturbation compulsive.
Mon univers imaginaire s'est profondément modifié, ainsi que ma perception globale du monde et de l'homme. En cette année 1999, je sens très nettement que je suis enfin prêt à soutenir d'autres personnes dans leur démarche de transformation. Je veux enfin partager cette victoire et transmettre cette conviction qui m'anime : changer est possible.
Mon action de solidarité va m'aider à parfaire et à consolider ma propre démarche d'évolution. Peu à peu le site devient opérationnel. Le nombre de ceux qui me contactent par e-mail va en augmentant. La grande majorité sont des hommes. Il s'agit pour la plupart de dépendants sexuels (prostitution, pornographie...). Mais je suis également contacté par des pédophiles que leur préférence sexuel perturbe. Je découvre ainsi que tous les pédophiles ne sont pas des pervers auto-satisfaits et cyniques mais que beaucoup souffrent réellement de leur état et aspirent à une forme de délivrance. Je découvre leur profonde solitude et le combat anonyme quotidien de certains d'entre eux pour ne passer à l'acte. Je les assiste de mon mieux dans leur lutte intérieur contre leurs pulsions et imaginaires érotiques.

Notez au fait, que le chapitrage, c'est moi qui l'ai rajouté afin de rendre la lecture du témoignage et des réponses moins confuse.



Dernière édition par Dante (Admin) le Mar 26 Juin - 10:29, édité 1 fois

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2 Réponse à l'introduction le Mar 26 Juin - 10:11

INTRODUCTION : CE QUE NOUS DECIDONS DE FAIRE DE CE QUE LA VIE A FAIT DE NOUS

Jean-Paul Sartre disait "l'important n'est pas tant ce que l'on a fait de nous mais ce que nous faisons nous même de ce qu'on a fait de nous".

Je suis d'accord, les circonstances de la vie peuvent faire de certaines personnes des pédophiles par exemple. Mais après, chacun est différent et il y a différents moyens d'agir en étant pédophiles, de bons moyens d'agir sans faire de mal, d'autres moyens en faisant du mal aux enfants. Pour les victimes, c'est un peu pareil, quand on est victime de maltraitance sexuelle, on le reste. Mais il y a différentes façons d'agir, suivant plusieurs facteurs qui influent sur cette façon dont la victime va agir, mais il y a aussi la volonté de la victime qui fait que cette dernière va agir de façon plus ou moins bonne. Là par exemple où certaines souffriront dans le silence en étouffant le malaise et se sentant mal fréquemment, d'autres réagiront rapidement et de façon plus constructive en essayant de guérir voir de donner un sens à leur statut de victime. Ce ne sont que des exemples, car il y a encore des tas d'autres façons de réagir quand on est victime. Donc en effet, si le fait d'être devenu victime a son importance dans la vie de l'individu, la façon dont cette victime va réagir est encore plus important pour sa vie et son bien-être (et celui des autres).

Nous subissons en grande partie ce que nous sommes, ce que la vie a fait de nous. Pourtant, il est possible de reconstruire sur cet héritage non choisi et de reprendre notre vie en main. Il est possible de repousser les limites de la fatalité, si nous décidons et si nous recevons un soutien approprié.

Effectivement. Je considère d'ailleurs que tout raisonnement fataliste du style "c'est le destin, c'est la vie, c'est la volonté de dieu..." devrait être banni lorsqu'il s'agit de décision et de notre façon de voir les choses et sur notre vie. C'est à nous de décider qui nous voulons être et quel doit être notre vie et non au destin ou à dieu. Ce que nous sommes et notre point de vue qui influent sur ce que nous sommes et notre façon d'agir sont le résultat notamment d'un enchaînement de circonstances. Et même si ces circonstances ne dépendent pas toutes de nous et sont indépendantes de notre volonté, d'autres sont des décisions que nous prenons et qui dépendent de nous. Et c'est à nous de prendre ces décisions et d'être maître de notre prétendu destin plutot que de se dire "on laisse faire les choses, c'est le destin et puis c'est tout". A réagir ainsi, on n'aurait plus de volonté, nous n'agirions plus, on s'enfoncerait dans la misère et la déprime. Beaucoup de gens adoptent la fatalité justement pour justifier le mal qui leur arrive et justifier leur manque de volonté pour réagir et se ressaisir. Par exemple, une victime pourrait se dire, "à quoi bon me battre, de toutes façons, c'est mon destin d'être malheureux". Ce discours pretexte le destin pour justifier la souffrance que ressent la victime qui va jusqu'à se consoler dans le "destin" pour normaliser sa souffrance et ainsi mieux se conforter dans son absence de volonté.

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3 Réponse à la partie I le Mar 26 Juin - 10:28

I-L'ABUS SEXUEL

Aussi loin que remonte ma mémoire, j'éprouve l'impression angoissante de ne pas pouvoir compter sur les adultes qui m'entourent. Ils me semblent imprévisibles, pris dans leurs propres difficultés et faiblesses. Vers six ans, alors que je ne suis pas en bonne santé, ma mère croit bon de m'envoyer en cure dans un centre spécialisé pour y respirer le grand air. Je vis cet épisode comme un véritable abandon et mon sentiment de solitude s'amplifie. A huit ans, un soir, en rentrant de l'école, je suis intercepté dans l'entrée de mon immeuble par un homme qui me demande de le faire entrer chez moi. Il me contraint à des attouchements en m'affirmant qu'il est médecin et va faire mon éducation sexuelle. Il m'oblige à me dévêtir, à m'allonger sur le lit à côté de lui et me demande de le masturber jusqu'à l'éjaculation. Cet abus se déroule sans violence physique, uniquement par la contrainte de l'autorité adulte. le fait de ne pas avoir été forcé par une violence physique me laisse une impression ambigüe : j'ai le sentiment d'être responsable de ce qui s'est passé. Après tout, c'est moi qui ai fait entrer cet homme chez moi. Je me sens coupable, sale, honteux.

C'est classique chez certaines victimes, notamment les victimes qui ont été manipulées par un adulte qui a profité de son autorité ou de la naiveté d'un enfant pour lui faire faire ce qu'il veut. C'est aussi fréquent chez de nombreux prédateurs d'enfants de s'arranger pour que ce soit l'enfant qui s'offre de lui même à l'abuseur, afin de lui faire porter la responsabilité. L'enfant a souvent alors honte d'avoir été trompée, de s'être laissé faire et se sent parfois voir souvent aussi sali du fait d'avoir touché et été touché à des endroits notamment intimes et qui évoquent à son âge (8ans dans le cas présent) plus de la répulsion que de la découverte et du plaisir sexuel. Car les parties génitales notamment représentent le sexe et le plaisir qui y est lié, mais à 8ans, celà représente encore surtout "le pipi et le caca." D'où la honte et le sentiment d'avoir été sali aux yeux d'un enfant avec ce genre de rapport.

Je décide de ne rien dire à ma mère. J'ai très peur de son angoisse qui accentue souvent la mienne, je crains de lui faire de la peine et je préfère ne pas provoquer une telle situation.

La peur de la réaction des parents avec en plus la honte d'avoir été abusé et de s'être offert à l'abuseur dissuadent fréquemment les victimes de parler.

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4 Réponse à II-CONSEQUENCES le Mar 26 Juin - 11:43

II-CONSEQUENCES

Dans les mois qui suivent, mon état psychologique se dégrade. Je suis déconnecté mentalement ; je me réfugie dans un monde de rêveries permanentes. Le monde extérieur m'apparaît comme menaçant. C'est un monde sur lequel j'ai le sentiment de ne pas avoir prise.

C'est déjà classique et fréquent pour un enfant de se réfugier dans des rêves, des contes de fée, des histoires fantastiques et héroïques etc... Celà participe au développement de l'enfant, à son identification et lui permet de grandir avec moins d'angoisse. Une victime d'abus sexuel peut alors en avoir besoin davantage que les autres enfants pour éviter encore plus ses angoisses liées aux abus subies, voir éventuellement d'étouffer ce qui est arrivé et échapper à la réalité trop angoissante ou trop honteuse. Pour échapper à la honte, la victime peut se réfugier dans des histoires où il est fort et héroïque afin en quelque sorte encore d'échapper à la réalité où il a été faible et naif face à ceux qui ont abusé de lui.

Je me mets à faire de plus en plus de cauchemars et je deviens de plus en plus anxieux. Je recommence à faire pipi au lit toutes les nuits.

Les cauchemars aussi sont classiques et sont le reflets de nos angoisses, donc on en a davantage lorsque l'on est anxieux et angoissé. Mouiller son lit est un signe de regression, ce qui est courant chez les enfants angoissés qui parfois inconsciemment veulent redevenir un petit bébé pour être le centre des attentions et des soins. Bien que dans le cas présent, il s'agit sûrement essentiellement à nouveau de peur et d'angoisse. Quand on a très peur, on tremble, on est tétanisé et on ne contrôle plus ses muscles d'où l'incontinence urinaire car le muscle qui retient l'urine est alors relâché.

En plus d'une perception négative du monde qui m'entoure, je perçois négativement mon propre corps sur lequel j'ai le sentiment de ne pas avoir davantage de prise que sur le monde extérieur.

La méfiance et le dégout pour les gens et le monde sont courants quand on est angoissé et surtout quand on a été trompé et manipulé au point d'en souffrir de façon permanente. Un peu dommage que la victime n'explique pas davantage son point de vue négatif sur son corps. Il peut y avoir plusieurs raisons. Il peut éprouver certains plaisirs sexuel, telles que l'érection et la masturbation alors que son expérience abusive lui évoque plus de la peur et du dégout pour le plaisir sexuel et les activités masturbatoires comme celles qu'on lui a fait faire. Il peut alors faire l'assimilation entre ses propres activités auto-érotique et l'angoisse que lui procure ce qui se rapporte à la sexualité. Il aimerait alors peut-être avoir une meilleure prise sur ce qu'il ressent sexuellement afin d'arrêter de se sentir angoissé.
Ou alors il peut s'en vouloir d'avoir un corps qui attire les prédateurs et donc à nouveau de ne pas avoir de contrôle sur son corps et les réaction qu'il procure aux prédateurs.
Cette victime ressent en tous cas, comme beaucoup d'autres victimes, un sentiment d'impuissance, ce qui accentue l'angoisse car moins on contrôle la situation, plus les évènements sont imprévisibles et donc on est face à l'inconnu et l'inconnu fait peur.

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II.1-PEUR DE LA MASCULINITE

J'ai de plus en plus de mal à accepter mon état de garçon. Je pense que les garçons sont méchants et violents. je me sens sale et coupable d'être un garçon, je trouve le sexe de l'homme repoussant. Aussi, mon père est violent et bat sa femme avec laquelle il s'est remarié. J'assiste parfois à ces scènes violentes. Il n'est pas rare qu'elles se terminent par une relation sexuelle et j'assimile de plus en plus la sexualité à un pouvoir exercé sur l'autre.

Celà était prévisible aussi. La victime culpabilise d'être de sexe masculin qu'il assimile à la méchanceté et la violence auxquelles il est exposé via son père violent et son abuseur méchamment manipulateur. Son expérience abusive où on la forcé à masturber son abuseur fait aussi que la sexualité, dont le pénis (comme celui de son abuseur) est assimilé à du dégout. Il s'en veut alors d'être garçon qu'il considère comme ne pouvant être que violent et méchant. Et évidemment le sexe n'est pour lui aussi que dégout et pouvoir exercé sur l'autre, comme le cas de l'adulte qui a exercé un pouvoir d'influence sur lui en le forçant à faire ce qu'il ne voulait pas faire et l'image de son père imposant son pénis (en plus violemment) à sa belle mère accentue ces ressentis.

Le fait d'avoir été moi même abusé entretient en moi l'idée que le sexe transforme l'autre en objet inerte, inoffensif et sans volonté propre.

Il s'agit d'une mauvaise image du rapport sexuel et de la sexualité, qui dans le cadre d'un respect mutuel, se partage et non ne s'impose. Mais en tant que victime et en plus témoin de rapport abusif de la part de son propre père, François n'en tire que ce n'est que de la domination. Le fait qu'il arrive à s'en rendre compte, démontre qu'il sait qu'il a tord, mais que sans doute il a du mal à s'en convaincre tant l'image du rapport sexuel de domination doit être persistante à ses yeux à cause de son vécu.

Grandit alors en moi la crainte de devenir comme mon père et je commence à m'habiller en secret avec les habits de ma mère en rêvant que je suis une fille.

Vis à vis d'une mauvaise image parentale, il y a notamment deux façons pour les enfants de réagir. Il y en a plein de façons de réagir, mais il y a deux façons d'agir similaires qui s'observent souvent.
-La première, l'enfant recopie le modèle parental, aussi mauvais qu'il soit, l'enfant est influencé et sûrement par manque de repère et par manque d'exemples différents de celui du modèle parental auquel il a été exposé, il se comporte alors avec ses proches, camarades, petits frères ou petites soeurs, puis leurs enfants de la même façon que ses parents se sont comportés avec lui. Dans certains cas, par exemple le cas d'un enfant battu, la victime peut minimiser ce qui lui ait arrivé. Elle peut se dire par exemple "oui, mes parents m'ont tapé dessus, mais ce n'est pas grave, je le méritais, ça m'a pas fait tant de mal que ça, ça m'a endurci, ça m'a appris à les respecter et ça m'apprend à me faire respecter de mes propres enfants aujourd'hui". Dans ce genre de cas, l'enfant battu ne se rend pas vraiment compte des dégats que ce genre de traitement ont eu sur lui. Il peut avoir des problèmes psychologiques et émotionnels et ne pas se rendre compte que ces problèmes ont certainement un lien avec le fait d'avoir vécu dans la crainte voir la terreur avec ses parents pendant plusieurs années.
-La deuxième façon de réagir. C'est le total contraire de la première. L'enfant se rend compte que le modèle parental est mauvais, il émet alors une sorte de distanciation entre le mauvais parent et lui même et en quelque sorte essaye de détruire de lien qui l'unit avec ce parent en adoptant un comportement inverse à ce dernier, quitte souvent à tomber dans des extrêmes inverses. L'enfant a besoin de sentir qu'il est différent de ce mauvais parent et plus il en ressent le besoin plus il va avoir besoin de se convaincre qu'il n'est pas comme ce parent et alors il va davantage tout faire pour s'éloigner le plus possible du comportement qu'il a eu en mauvais exemple. Si c'est un parent sévère, autoritaire, froid, négligent et violent, l'enfant va alors, notamment avec ses propres enfants tomber dans les extrêmes inverses. Il va être doux, laxiste, très voir trop permissif, très voir trop protecteur et même parfois trop affectueux.

Quand un enfant a eu comme parent ou tuteur ou éducateur des cas principalement extrêmes, dans un sens ou dans l'autre, il va souvent devenir lui aussi un cas extrême. Devenir un cas moins extrême, voir équilibré, demande une remise en question et une forte introspection de la part de l'enfant, les conditions pour lui de devenir un parent moins extrême voir équilibré sont donc plus difficiles.
Pour résumer on peut comparer les parents à des parties politiques, comme ceci :

Extrême droite :
Parent froid, trop sévère, voir dominant et violent.

Droite :
Parent dur, peu affectueux, figure d'autorité

Centre :
Parent équilibré, à la fois affectueux et figure d'autorité

Gauche :
Parent chaleureux, figure d'indulgence et d'affection

Extrême gauche :
Parent permissif, trop protecteur et très affectueux


En fait la famille hétéroparentale classique se résume fréquemment au père de droite et la mère de gauche.
-Le père est celui qui fait obéir l'enfant notamment quand la mère a des difficultés à le faire et il est celui qui est essentiellement craint par l'enfant en cas de bêtise.
-La mère, elle, est celle vers qui l'enfant va essentiellement se tourner quand il aura besoin d'attention et d'affection.
En bref chacun des deux parents joue un rôle différent vis à vis de l'enfant. Là où le parent de droite saura apporter à l'enfant l'autorité et la fermeté nécessaire à la sécurité de l'enfant, l'autre parent de gauche apportera l'affection et l'attention nécessaire à son épanouissement que l'autre parent, plus rigide, est peu apte à lui apporter alors que le parent de gauche sera moins apte à faire figure d'autorité à son enfant si son rôle est plutôt d'être doux et indulgent.
Notez aussi qu'il ne suffit pas de se rendre compte que le modèle parental qu'on a eu était mauvais pour rectifier le tir et ne pas tomber dans le même extrême ou l'extrême inverse. Il faut aussi en être capable. Il y a des enfants qui ont été élevé par des parents d'extrême droite qui vont tenter de rectifier le modèle qu'ils vont donner à leurs propres enfants, mais qui vont quand même, dûe à une instabilité émotionnelle, céder à la violence envers leurs enfants, malgré une certaine volonté de ne pas reproduire le modèle parental violent. Il ne faut en effet pas oublier que le point de vue (et donc la façon d'agir) dépend en grande partie des influences qu'on a eu et aussi de la façon dont nous nous sommes adaptés à l'atmosphère (familiale) dans laquelle nous avons été forcés de nous adapter d'une certaine façon ou d'une autre.

François qui voit vraiment en son père un mauvais exemple non seulement de père mais en plus de mari, tente alors de se convaincre lui même qu'il n'est pas comme lui, il fait tout pour s'éloigner de lui et de l'homme qui l'a abusé. Et comme il assimile la masculinité à son père et à son abuseur, en bref il en fait une généralité, pour s'éloigner de son père et de son abuseur, il va alors tenter de s'écarter le plus possible de la masculinité. C'est la raison pour laquelle il tente symboliquement de changer de sexe en se grimant en femme.

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II.2-ISOLATION ET REFUGE DANS LA REVERIE

De mes neuf à douze ans, je construis ma personnalité en m'isolant intérieurement. Dans le monde extérieur, je suis craintif et angoissé, inadapté, j'ai le sentiment de ne rien pouvoir contrôler et de subir les évènements.

Ca aussi, c'est une conséquence classique des victimes. Elles s'isolent par angoisses et par désorientation et plus elles s'isolent plus elles ont du mal à s'adapter à la société et à développer les facteurs sociaux leur permettant de mieux s'intégrer et alors, elles s'isolent encore plus, etc...

Dans mon monde intérieur, par contre, je m'affirme et réduis tout à ma propre mesure. J'élabore des sociétés à ma dimension, je suis dominateur, chef de guerre incontesté, je donne la mort et je donne la vie à mes esclaves, rien ne me résiste. Ces rêveries s'amplifient et me mettent mal à l'aise.

Se réfugier dans un monde intérieur permet de compenser son manque de rapport sociaux et de se développer socialement tout seul au lieu de le faire aux contacts des autres. Celà lui permet aussi de se sentir plus en sécurité et plus sûr de lui dans un monde où il s'affirme comme il dit mais surtout un monde où on le respecte voir où on le craint. Il doit imaginer que le meilleur moyen d'être respecté, c'est qu'on ait peur de lui. Il a d'ailleurs l'exemple de son père à ce niveau là, qui se fait respecter par sa femme par la force. D'où le fait aussi qu'il parle de domination, non seulement il prend exemple sur son père et son abuseur aussi peut-être, mais il fantasme sur le fait qu'il a confiance en lui au point d'être un chef et d'être craint des autres, dont ses esclaves dans ses rêveries. Comme dit plus haut, les gens sensibles et persécutés, parfois rêvent d'être un souverain, ou un héro fort et courageux pour rejeter en quelque sorte leur personnalité faible et fragile qu'ils n'assument pas, notamment quand cette faiblesse et fragilité les empêchent d'être respectés. François, c'est pareil, il s'imagine ce monde où il reprend le contrôle de lui même (car il y est un chef de guerre), jusqu'à contrôler les autres (les esclaves de ses rêves) et être fort au point qu'on ne lui résiste pas.

J'aspire à être une fille mais je sens grandir en moi des pulsions paradoxales de virilité exacerbée.

Déjà dans ses rêveries précitées où il parle d'être chef de guerre, d'être craint et dominant, il s'agit plutôt de virilité et masculinité que de féminité. Ce qui accentue alors sa désorientation voir son identité sexuelle qui oscille entre masculinité et feminité, ce qui a pour conséquences parfois de le rendre instable émotionnellement et psychologiquement.

Ces divagations me mettent de plus en plus mal à l'aise, d'autant plus que je commence à être peu à peu envahi par des images de violence sexuelle.

François est en fait perturbé et désorienté. Il a du mal à gérer ses émotions et ses réactions sont disproportionnées vis à vis de son abus sexuel et de la mauvaise image de la sexualité violente auquelle il a été exposé à cause de son abuseur et son père. Comme beaucoup d'enfant, il apprend à réagir par rapport aux situations et aux exemples auquels il est confrontés fréquemment (dont la famille) et ces façons de réagir se retrouvent fréquemment alors dans la façon d'interagir avec son entourage familiale, scolaire, professionnel, amical etc...

Mon attrait pour les situations mortifères se développe. Alors qu'un échange de paroles avec les adultes qui m'entourent m'aurait peut-être permis de trouver l'aide que j'attendais, je m'enferme dans les mensonges. Je suis souvent choqué par mes propres dessins, mais j'en tire un tel plaisir que je n'arrive pas à me détourner de cette pratique.
François contrôle ce qui se passe sur la page qu'il dessine, y compris la vie et la mort des personnages qu'il représente. Il s'agit visiblement d'un besoin de reprendre le contrôle de la situation. Ne pouvant pas le faire dans la réalité, il contrôle alors la vie et la situation des personnages qu'il dessine.

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II.3-HYPERSEXUALISATION DUE A L'ISOLATION

Parallèlement, vers dix ans, je découvre deux revues pornographiques que je me mets à regarder frénétiquement. Je suis comme absorbé par cette activité qui occulte le monde extérieur et ses menaces. Je m'oublie totalement et mon angoisse disparait. Je commence à collectionner des images érotiques. A onze ans, je deviens consommateur systématique et organisé de pornographie.

Chaque enfant se développe à son rythme, certains se développent plus vite et plus tôt que d'autres, notamment quand ils sont sexualisés précossément, comme François qui s'adonne à la pornographie car il a sûrement été érotisé lors de son abus sexuel.

Certains adultes observateurs, qui sentent mon attrait intense et prématuré pour le sexe, m'incitent à partager avec eux ma fascination. Ainsi, lors d'un voyage en Angleterre, la famille qui m'accueille ne tarde pas à chercher à m'impliquer sexuellement. Ils me mettent sous les yeux des photos érotiques, dont certaines très choquantes. J'ai aussi été témoin de scènes sexuelles réelles se déroulant dans cette famille.
Vers douze ans, mon comportement va encore s'accentuer avec la découverte de la masturbation complète. Dès que mon développement physique le permet, la masturbation devient pour moi une pratique intensive, un recours systématique contre l'anxiété. Je m'isole dès que possible après chaque stress, chaque échec, chaque défaillance, pour me soulager dans la masturbation.

Les enfants isolés, j'ai remarqué, avait tendance a pratiquer beaucoup d'activités sexuelles et auto-érotiques. Ils se retrouvent réduits à l'insatisfaction chronique, les poussant à vouloir recommencer. Et celà les isole du reste du monde. Il est aussi assez fréquent, comme dit plusieurs fois que les gens anxieux étouffent leur anxiété dans des dépendances diverses, dont parfois l'activité sexuelle.

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II.4-CULPABILITE DUE AUX FANTASMES

Mes cauchemars et mes fantasmes se développent dans le sens exclusif de la cruauté, de la souillure et de la domination. j'utilise maintenant l'écriture pour développer mes fantasmes. Parfois, je déchire ou brule l'ensemble de mes cahiers en me jurant de ne plus recommencer. Mais celà ne dure pas plus de quelques heures à quelques jours. L'angoisse même après être sorti de l'excitation, face à la réalité de mes textes ou de mes dessins me jette dans une phase de culpabilité et de depression dont je n'arrive pas à m'extraire par d'autres moyens la réactivation du fantasme.

D'un côté il ressent le besoin d'exploiter son sadisme (excitation sexuelle mûe par la souffrance d'autrui) qui fait partie de ses plus gros fantasmes sexuelles qu'il ne contrôle pas et de l'autre, il culpabilise d'aimer le sadisme qui est de faire du mal aux autres pour le plaisir, bien qu'il le fasse par des moyens détournés comme l'écriture et le dessin. Mais rien que le fait d'aimer le sadisme lui fait peur et peut-être qu'il assimile celà comme un cheminement qui lui fera par la suite faire du mal aux autres ou devenir comme son abuseur ou son père, ce qui en plus lui provoque un sentiment d'angoisse et de culpabilité supplémentaire. Il oscille donc entre deux sentiments et deux besoins qui vont chacun à l'encontre de l'autre, d'où la depression car il est sans cesse tirer d'un côté et de l'autre en même temps, ce qui le désoriente et le perturbe, sans compter que celà semble être obsessionnel et qu'il ne semble presque jamais penser à autres choses, ce qui accentue sa confusion, sa culpabilité, ses fantasmes qui donc accentuent eux même ses obsessions et sa confusion et ainsi de suite.

Mon attirance et admiration voir vénération pour la féminité vont se doubler progressivement de son contraire : la haine. En plus de mes problèmes d'identité - je rêve régulièrement d'être une femme, sans pour autant ressentir d'attirances homosexuelles.

Il serait intéressant qu'il explique d'où lui vient cette haine assez soudaine pour la féminité. Peut-être parce qu'il ressent le besoin de se féminiser et de se masculiniser en même temps, surtout qu'il ne se sent pas homosexuel et que du coup la féminité lui fait peur car son besoin de se féminiser le plonge encore plus dans un état de confusion.
Ou alors, il peut se mettre hair la féminité car celà lui permettrait de se conformer à son sadisme qui lui donne envie d'être cruel envers les femmes en prenant sûrement son père comme exemple.

J'ai peur d'être rejeté par les gens et je suis convaincu qu'ils ne peuvent pas m'aimer comme je suis. Il m'arrive par moment d'être sûr que les autres peuvent voir dans ma tête ou ressentir ma saleté intérieure.

Son sentiment de confusion, ses pertes de repaires et son instabilité émotionnelle qui en découle l'empêchent d'avoir confiance en lui, vu que lui même ne se connait pas bien et ne sait pas vraiment ce qu'il aime et ce qu'il n'aime pas, tant il oscille entre amour et haine entre autres. Ce manque de confiance en lui et le fait que lui même ne s'aime pas, car il culpabilise d'avoir des fantasmes sadiques lui fait penser qu'il ne sera pas aimé des autres non plus. Néanmoins, le sadisme est un fantasme beaucoup plus répandu qu'on peut le croire. Mais généralement, les gens qui ont ce genre de fantasme sont moins obsessionnels que François semblait l'être à ce moment là. Voir d'ailleurs le sujet où j'en parle :
http://adep.etudiantforum.com/t83-e5-les-differents-types-de-pedophiles-les-pedophiles-sadiques-et-ou-dominants

Il m'arrive par moment d'être sûr que les autres peuvent voir dans ma tête ou ressentir ma saleté intérieure.

Ca, ça reflète une angoisse que sa vie privée et notamment ses fantasmes soient révélées. Celà est fréquent, surtout quand l'individu en question a des fantasmes et des pratiques sexuelles qui s'éloignent de la "normalité" établie par la société. Alors que moi, je pense que si on regarde les fantasmes et pratiques de n'importe qui, on trouvera fréquemment des choses qui sortent de l'ordinaire voir des fantasmes assez effrayants. Après tout un fantasme a pour définition de ne pas tenir compte de la réalité. Autrement dit, il n'y a pas de règles pour les fantasmes (tant que celà reste au stade du fantasme) ni limites. Après le danger vient de savoir si le fantasme est obsessionnel ou pas, car plus il l'est, plus l'individu va vouloir passer aux actes et sûrement l'imposer à son partenaire, éventuellement sans son consentement et en lui faisant du mal.

Un jour, à treize, ma mère qui regardait la télé, je lui mets machinalemet la main sur l'épaule. Elle la retire énergiquement et se tourne vers moi avec un regard angoissé en me demandant avec sécheresse de la laisser tranquille. Dans le couloir, j'entends la présentatrice évoquer les pratiques de la torture dans un pays d'amérique du sud. Les larmes aux yeux, j'entends encore quelques mots de tortures sexuelles sur des prisonnières politiques. Je me jette sur mon lit en pleurant le ventre tétanisé. Je suis convaincu que ma mère me rejette parce qu'elle vient enfin de comprendre qui je suis. Un homme, un violeur potentiel, un être abject et dangereux. Je suis coupable de la souffrance des femmes d'Amérique du Sud.

Cet évènement reflète à nouveau son angoisse d'être différent (et découvert) et l'amalgame extrême qu'il fait entre masculinité et méchanceté (assimilé ici à la torture, sadisme et violence sexuelle) allant jusqu'à se considérer comme potentiellement coupable des tortures des femmes en Amérique du Sud. Il doit se dire que si il aime le sadisme, c'est qu'il serait capable de torturer ces femmes en question, ce qui l'angoisse au point de fondre en larme et d'avoir peur de lui même. Il semble tellement perturbé et instable émotionnellement, qu'il n'arrive pas à réaliser qu'il fait la différence entre le fantasme et la réalité, puisque ses fantasmes restent fantasmatiques, comme quoi il sait que celà doit rester au stade du fantasme et qu'il a bonne conscience, puisqu'il culpabilise d'avoir ce genre de fantasmes.

Ne suis-je pas un bourreau et un sadique en puissance? J'ai la certitude d'être coupable et d'être rejeté pour avoir un sexe. Depuis ce moment, les contacts avec ma mère deviennent pénibles pour moi. Je ne supporte presque plus qu'elle me touche. Je me mets à détester cette femme qui m'a mis au monde.

Comme dit quelques paragraphes plus haut, devant un mauvais exemple, on a tendance à extrémiser à l'inverse, surtout si on en est conscient que l'exemple est mauvais. François fait tout pour s'éloigner du mauvais exemple qu'il a subi et vu. Il refuse maintenant tous contacts physiques, même venant de sa mère dont les contacts sont supposés (vu que ce n'est pas précisé) bénins, affectueux et non érotiques. Les rapports physiques lui rappellent qu'il a un sexe et que c'est en touchant que les abus sexuels et le plaisir sexuel se produisent (en partie du moins).

A 15ans, ma mère découvre l'un de mes cahiers secrets. j'invente n'importe quoi pour la calmer et me justifier. Je me sens enlisé dans le mensonge, prisonnier d'un univers fantasmatique en passe de devenir plus attrayant que la réalité qui s'estompe. Je suis certain que je n'ai rien à attendre de l'extérieur, de ma mère ni de personne.

La mère de François me parait un peu fouineuse tout de même. Ce n'est quand même pas une façon de faire très respectable de lire genre les journaux intimes de ses enfants.
Le monde fantasmatique est presque toujours plus attrayant pour celui à qui appartient les dits fantasmes, mais comme dit plus haut, François s'isole et s'enferme dans ce monde et perd alors de plus en plus contact avec le monde extérieur, ce qui le fait s'enfermer encore plus dans ce monde. Mais sinon tout le monde a son monde de fantasmes, mais la plupart des gens garde un certain contact avec la réalité en y étant confronté fréquemment (en fréquentant des amis et des endroit réels) et n'éprouvent souvent pas autant besoin que François de se réfugier dans une réalité virtuelle ou fantasmatique de manière aussi extrême et obsessionnelle.

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9 Réponse à II.5-DEPENDANCE SEXUELLE le Mar 26 Juin - 15:26

II.5-DEPENDANCE SEXUELLE

Je fréquente surtout des clochards et marginaux. Je me sens déchet parmi les déchets. J'adopte des conduites autodestructrices en avalant, fumant et respirant tout ce qui s'offre à moi et qui me permet de fuir la réalité.

Fumer et autres, il s'agit à nouveau de dépendance qui aide la personne à fuir la réalité. L'isolation confirme le cercle vicieux qui pousse la personne à fuir la réalité et donc s'isoler et donc encore la fuir parce qu'elle devient de plus en plus dur à voir en face et donc adopter de nouvelles conduites nocives pour la fuir encore et s'isoler encore etc...
Comme je le dis à propos de cette conduite qu'adopte ce genre de victimes, ce n'est pas une bonne solution. Car non seulement, c'est un cercle vicieux mais ça ne résoud pas le problème qu'on a et qu'on arrive pas à regarder en face. On peut se droguer pour se sentir mieux (de manière illusoir) mais le problème n'est toujours pas résolu, il est masqué seulement.

Je vis une véritable période toxicomaniaque. Je vis une véritable escalade qui me pousse à concevoir et expérimenter sans cesse de nouvelles pratiques, comme la sexualité avec les animaux. Je m'introduis dans les balcons et terrasses pour dérober des sous vêtements féminins sur les sèche-linge.

Son isolation et sa désorientation (accentuée par son isolation et inversement) dévient son comportement et sa maturation sexuelle et l'empêchent d'avoir des partenaires sexuels. Ce qui l'oblige à compenser par de nouvelles pratiques comme il dit, d'autant plus qu'il surinvestit sa sexualité toujours à cause de son isolation, ce qui l'oblige à exploiter sa sexualité encore plus et donc de chercher de nouvelles pratiques.

J'ai 17ans et je suis convaincu que je ne parviendrai jamais à avoir des relations sexuelles avec une femme. Je suis certain que les femmes ne peuvent que me rejeter si elles découvrent mon univers intérieur. Je suis pris de terreur à d'avoir à faire l'amour, de me laisser toucher. Comment pourrait-on éprouver du plaisir à mon contact? Pour moi, le sexe n'est pas un jeu, c'est un antidote contre la peur, une arme contre la souffrance, une manière d'affirmer son existence, de survivre.

Il est fort probable aussi que ce discours comme quoi jamais une femme ne voudra faire l'amour avec lui, lui sert aussi de prétexte pour fuir les relations sexuelles dont il a toujours une mauvaise image, comme il le précise après. Bien que sa vision du sexe, comme arme contre la souffrance, une manière d'affirmer son existence et de survivre, n'est pas vraiment fausse. Le sexe agit sur les hormones et participe à la régulation de l'humeur et du comportement et peut alors faire du bien ou du mal. Le sexe sert aussi, en quelque sorte à survivre, pour les mêmes raisons et aussi pour se reproduire accessoirement.

Je ne mérite que laideur et souffrance pour me rassasier...

Il semble aussi considérer qu'il ne mérite pas les femmes. Probablement encore parce qu'il culpabilise d'avoir surinvesiti sa sexualité et d'avoir des fantasmes de domination.

d'ailleuirs, seules la laideur et la souffrance m'excitent et me stimulent sexuellement.

A-t-il eu aussi l'occasion d'investir sa sexualité d'une autre manière que ses fantasmes de sadisme? A la lecture de son récit, non, puisqu'il a passé son temps à s'isoler, exploiter et découvrir sa sexualite que avec des activités auto-érotiques. Il est donc possible que d'autres rapports plus concrets lui apportent un plaisir sexuel, mais qu'il ne le sait pas encore.

Parfois j'ai la sensation que je ne parviendrai pas à me soulager tant que je n'aurai pas vécu de nouveau une expérience abusive. La perspective de devenir agresseur me perturbe énormément. c'est une pensée séduisante et harcelante mais également intélorable. Je préférerais me suicider plutôt que de passer à l'acte.

Veut-il dire qu'il pense ne pas pouvoir se satisfaire sexuellement à moins d'abuser sexuellement une personne? Ce n'est pas très clair.
Il est assez regrettable qu'il n'explique pas un peu plus pourquoi il ressent ce besoin d'abuser quelqu'un (ou d'être abusé à nouveau?). Peut-être que lui même ne le sait pas. Il se peut qu'il veuille abuser sexuellement quelqu'un car il considère que les femmes ne vondront pas coucher avec lui de manière consentante. Ou alors parce qu'il prend exemple sur son père et son abuseur qui sont parvenus à la jouissance sexuelle via des rapports abusifs et de domination. Sinon le fantasme d'abuser et de dominer est plus fréquent qu'on puisse le croire, y compris chez les hétérosexuels et non pédophiles. Il faut juste de préférence que celà ne tourne pas à l'obsession comme c'est le cas pour François qui lui est dans un engrenage où il se sent éternellement insatisfait sexuellement quoi qu'il fasse, car il a sombré dans la dépendance sexuelle et dans la perversion du désir de vouloir plus et du désir d'avoir envie.

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III.1-UNE LUEUR D'ESPOIR POUR CHANGER

Un jour je rencontre celle qui va devenir ma compagne de vie et de lutte. Cette jeune femme est pleine de vitalité, de simplicité. Sa naïveté et sa joie brillent comme une lumière dans les ténèbres de mon nihilisme et de mon désespoir. Je n'arrive pas à croire que ce soit possible, qu'une femme puisse me faire confiance, moi le menteur, le monstrueux. Je suis presque sûr qu'elle va rapidement comprendre à qui elle a affaire et tourner les talons.


François a besoin de se sentir valorisé et aimé, notamment parce qu'il se sent mal aimé et a une très mauvaise opinion de lui même. L'attachement d'une femme à son égard forcément lui fait donc le plus grand bien. Cette femme en comprenant à qui elle a affaire peut voir François de deux façons. Soit elle le voit comme un être potentiellement dangereux duquel il faut s'éloigner. Soit elle peut le voir comme une personne en détresse qui a besoin d'aide.

Je ne lui dévoile pas mon univers intérieur mais je ne peux dissimuler mon tempérament suicidaire et mon absence d'espérance en l'avenir. En étant simplement elle-même, elle finit par me convaincre de saisir cette chance. Nous commençons à vivre notre vie. Pour la première fois depuis des années, je me sens en sécurité. Je me décrispe, je m'ouvre. Marie ne semble rien attendre de moi que ma présence. Je n'ai rien à prouver. Elle me prend et m'aime comme je suis. Je me laisse toucher, craintif, comme un traumatisé, qui appréhende le moindre effleurement. Elle est douce et patiente, elle défait mes noeuds un à un. J'arrive à me détendre peu à peu.

Il guérit petit à petit grâce à une personne de confiance qui lui expose à ses craintes de manière progressive et douce. Un peu comme quelqu'un qui aurait une phobie. Le moyen d'en guérir est d'établir un rapport de confiance avec une personne qui le confronte à sa phobie de manière douce au début puis de plus en plus forte à mesure que la personne sent sa peur diminuer.

Comme propulsé au delà de mes limites par l'amour de Marie et par ma nouvelle foi, je traverse une période de plusieurs semaines sans fantasmes sexuels perturbateurs.

Celà est notamment dû au fait qu'il est désormais moins isolé et moins livré à lui même. Il a moins besoin de s'auto-satisfaire sexuellement, car il a désormais une partenaire, non seulement sexuelle, mais aussi sentimentale. Relation sentimentale et mutuellement respectueuse, ce qui lui semblait auparavant inconnue et qui donc occupe son esprit et l'empêche d'avoir ses fantasmes sexuelles car son point de vue sur l'amour et le sexe s'élargit alors et il y apporte une nouvelle dimension.

Je retrouve l'espoir de me réinsérer. J'accepte un petit boulot à la mairie de la ville. Je veux retrouver ma place dans ce monde, devenir utile, donner un sens à ma vie. Je me sens différent, presque beau, l'énergie de partir à la conquête de moi même.

Comme je le dis souvent, nous agissons suivant notre point de vue. Pour changer, il faut que notre point de vue sur nous même, sur les gens avec lesquels nous interagissons et la société dans laquelle nous évoluons change. François avait une image négative de la société (en résumé) et de lui même, celà l'isolait et l'empêchait de s'intégrer, mais voilà maintenant qu'il a une amie dont il est amoureux et qui lui fait du bien sentimentalement et physiquement. Il a plus confiance en lui. Son point de vue sur lui-même, totalement dévalorisant plus tôt, a changé. Du coup, avec une image plus valorisante de lui même et plus de confiance envers les autres, il a désormais moins peur du regard des autres et de la mauvaise image de lui même qu'il pourrait laisser transparaître. Sans compter que les sensations de bien-être qu'il ressent alors l'encourage à continuer dans ce sens.



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III.2-DIFFICULTES POUR CHANGER

Mais l'euphorie ne dure pas. Je dois me confronter de nouveau à la réalité, aux stress et aux responsabilités du travail, à mes peurs, doutes et échecs. Les fantasmes ressurgissent après une émotion forte, une déception. Je comprends qu'il faudra se battre dans la durée. Je suis prêt à m'engager dans ce combat.

Les fantasmes qui reviennent après une émotion forte ou un échec, c'est classique et fréquent. Les fantasmes permettent d'échapper à la réalité donc de mettre de côté les émotions fortes difficiles à supporter et les échecs. On rappelle d'ailleurs qu'un fantasme est un désir où l'on fait abstraction de toute réalité donc où la réalité est absente, un soulagement et un refuge donc quand la réalité nous est pénible.

Dans les crises graves, il m'arrive de m'absenter plusieurs jours sans donner de nouvelles. Dans une atmosphère intérieure où se mêlent la panique et l'excitation extrême, j'erres de longues absorbés par mon chagrin et mes fantasmes. Je ne sais plus si j'éprouve du plaisir ou de la souffrance. La plupart du temps, j'échoue dans une cabine de sex-shop crasseuse à visionner les séquences les plus répugnantes.

François ne réalise pas qu'avoir des fantasmes et des besoins masturbatoires est normal. Mais dans son cas à lui, il essaye de sortir d'une période (très longue en plus) d'addiction. On ne s'en débarrasse pas comme ça, d'une addiction au sexe qui agit sur le centre du plaisir et qui donc provoque une dépendance de la même façon qu'une drogue.
Son besoin de s'absenter signifie sûrement qu'il préfère ne pas être vu quand il est dans un état de détresse. Il a sans doute aussi un besoin inconscient de redevenir plus ou moins ce qu'il a été, c'est à dire un garçon déprimé, triste, isolé et dépendant du sexe. Aussi mauvais que celà puisse être d'être comme ça, il arrive souvent que les gens qui restent dans cet état pendant longtemps, assimile cet état à leur vie et leur identité, au point d'avoir besoin d'y retourner comme un besoin de conserver leur identité.
Ne plus savoir si on ressent du plaisir ou de la souffrance est classique aussi. C'est néanmoins aussi un signe de confusion et de perturbation. Mais le plaisir et la souffrance sont les deux faces d'une même médaille. Sans l'un, on ne peut éprouver l'autre. Car c'est l'absence de souffrance qui crée le plaisir, mais pour celà il faut connaitre la souffrance pour en ressentir plus fortement le contraste entre la souffrance et le plaisir et vice versa. Il en va de même pour la tristesse et la joie. La tristesse rappelle parfois qu'on a été heureux. Et c'est étonnant, mais celà fait parfois du bien d'être triste, car dans bien des cas, celà nous permet de nous sentir plus vivant et que la médaille avec la tristesse d'un côté et la joie de l'autre, pourrait se retourner. C'est souvant quand elle se retourne brusquement que l'émotion est forte, car le passage de l'un à l'autre en est plus marquant et plus intense notamment car on y est moins préparé. En bref, c'est l'instabilité des émotions qui leur donne toute leurs forces. Le fait que la joie ne dure pas, rend cette émotion plus précieuse et plus savoureuse à nos yeux et la tristesse est là aussi pour nous le rappeler et pour nous permettre de mieux ressentir la joie. C'est pourquoi la tristesse est nécessaire. Même si dans le cas de François, c'est un peu trop.

Après de telles virées je me sens plus irrecupérable et honteux que jamais. Je ne parviens à chasser ces temps de dépression qu'en renouant avec des pratiques autoérotiques et mon univers fantasmatique sordide. Je me sens méprisable et indigne de toute confiance. Cette idée est d'autant plus enraciné en moi que je n'ai jamais eu la possibilité de confier à quiconque mon vécu intime.

Il n'y a pas grand chose à rajouter que ce qui a déjà été dit. Si ce n'est que François culpabilise encore et qu'il se sent d'autant plus sale de cacher ses fantasmes et son univers fantasmatique obsessionnel à celle qu'il aime et qui l'aime. Même si encore une fois, les fantasmes de chacun sont personnels et fréquemment sordides, puisqu'un fantasme n'a pas de limite. Mais le problème est que ceux de François sont obsessionnels.

Marie, qui ne connait rien de mon univers secret, m'aide comme elle peut à lutter contre mes phases dépressives.

On dit que dans les relations amoureuses, il y a cinq instances, on peut être pour son amoureux(se) :
-Un amant
-Un ami
-Un confident
-Un parent (dans le sens donner des limites et rappeler à l'ordre)
-Un enfant (dans le sens de s'écarter du droit chemin et attendre l'autorité nécessaire pour se sentir en sécurité)
Dans la relation de François avec Marie, cette dernière pourrait bien jouer le rôle de la confidente pour écouter François de préférence en le jugeant le moins possible. Le parent pour lui donner des limites et qu'il se sente plus en sécurité. L'ami sur qui François peut compter et avoir un soutient.

Le point culminant de cette période de rechute, mais aussi une prise de conscience majeure, point de départ d'une véritable transformation, est atteint lors du suicide de mon père en 1991. Alors que je m'approche du gouffre, je vis un véritable éclair de lucidité intérieure. Je suis en train d'utiliser la mort de mon père comm alibi pour m'autoriser une ultime dérive. Je détruis tout, l'amour et la confiance de ma femme, le bonheur futur de mon fils, mon travail, mon insertion sociale. Heureusement Marie est encore là et me tend la main. Le suicide de mon père me pousse à regarder en face ce que j'avais occulté jusqu'à présent.

Il est probable en effet que le fait d'avoir à nouveau entendu parler de son père a fait ressurgir ce qu'il avait refoulé par peur de se rappeler des mauvais souvenirs et de ce qui la beaucoup perturbé.

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12 Réponse à III.3-PRISE DE CONSCIENCE le Mar 26 Juin - 16:15

III.3-PRISE DE CONSCIENCE

Pour la première fois, je m'interroge sur ma famille, sur mes parents et mon enfance. J'apprendrai par la suite que la sexualité était vécue de façon problématique et douloureuse par d'autres membres de ma famille, y compris par mes parents. Pour la première fois, j'envisage un lien entre l'abus subi à 8ans et la construction de ma personnalité.

Cet abus a sans aucun doute influé sur son point de vue et sa personnalité qui s'est construite en se basant sur ce point de vue. Car nous agissons suivant en grande partie notre point de vue. L'abus qu'il a subi a en fait déclenché une réaction en chaîne qui ont entrainé les problèmes qu'il a eu par la suite, bien que l'abus ne soit pas le seul responsable selon moi. Une grande part de responsabilité viendrait selon moi à son père et la mauvaise image de la sexualité et de la masculinité qu'il a donné à son fils. L'abus n'a certes pas arrangé cette façon de voir les choses pour François et a aussi probablement fortement constitué à développer sa peur des contacts physiques, mais il n'a été abusé qu'une seule fois, l'influence même si elle est forte, n'a duré qu'un très court instant et a donc moins de chances d'avoir contribué à ses problèmes obsessionnels et sa mauvaise image de lui, même si il l'y a participé quand même. Tandis que la violence et la mauvaise image de la masculinité de son père a duré plusieurs années et à haute fréquence. La plus grosse responsabilité lui revient donc selon moi.

Une nuit, je raconte à Marie l'abus sexuel subi à Paris alors que j'étais enfant. Emotionnellement, c'est un moment terrible. J'ai la sensation que mon corps libère des années de tension accumulée.

Rien qu'en parler, trouver la force d'en parler, s'extérioriser, trouver une oreille attentive, celà enlève un poids. Selon moi, dans des cas de victimes, qui n'arrivent pas à en parler, ils devraient commencer par écrire leur détresse, puis faire lire ce qu'ils ont écrit, puis en parler. En bref, il y a aller progressivement. Ecrire puis parler, celà apporte une nouvelle dimension à notre point de vue, une dimension plus large que celle restreinte par les souvenirs et la pensée. Ecrire et parler oblige la personne à se concentrer sur ce qu'elle écrit et parle et donc permet de se confronter à ce qu'il a vécu et de mieux évacuer ce qu'on ressent et même de voir les choses autrement en ayant parfois de nouvelles idées sur son vécu par la force de concentration dont on fait preuve pour écrire et parler.

Je tremble, je fonds en larmes. Je m'attends à être rejeté, abandonné. Mais ma compagne me témoigne de son amour et de sa confiance. J'ai alors l'impression qu'un poids énorme vient de mettre ôté. Je sens que le passé, aussi laid soit-il, peut -être apprivoisé et retourné au service du présent et de l'avenir. Cette conviction ne va plus cessé de grandir et de se renforcer.

Comme quoi, une personne attentive, aimante ne jugeant pas l'autre uniquement par rapport à ses plus mauvais côtés (d'ailleurs on en a tous), celà peut être un grand soutient. Sans pour autant que cette personne, Marie dans ce cas là, ne soit thérapeute ou une spécialiste quelconque en matière de victimes ou autres, juste une personne à qui on peut se confier et qui accepte et ne juge pas les gens bêtement. François a plus que jamais besoin de soutient et tout le soutient qu'on peut lui donner intelligemment est le bienvenu. Par soutient intelligent, j'entends surtout un soutient de l'orienter vers le chemin dont il a besoin de s'orienter et d'entendre ce qu'il a besoin d'entendre, sans pour autant dire amen à tout ce qu'il dit, mais lui faire comprendre que tout ce qui lui arrive a une explication, rien que ça, ça déculpabilise et que sa dépendance à la sexualité et aux fantasmes sadiques et sordides ne représentent pas toute sa personnalité, seulement une partie. Par soutient intelligent, j'entends aussi ne pas lui dire bêtement ce qui nous passe par la tête et ce que nous, nous avons égocentriquement envie de lui dire. Par exemple que c'est un malade mental, qu'il est dangereux, qu'il est méprisable. Beaucoup de gens diraient ceci, en prétendant vouloir l'aider, alors qu'ils ne feraient que profiter de sa situation de détresse pour égocentriquement le convaincre de ce qui leur arrange eux, quitte à ce que celà lui fasse plus de mal et empire son état, voir que celà lui fasse faire une bêtise.

A cette époque, je me jure de ne pas abandonner ceux qui vivent comme moi dans la dépendance sexuelle, lorsque je serai sorti de cet enfer. Se rejeter et se mépriser ne conduit nulle part. Oui, même le mal en soi doit être accueilli, non pour être nourri et encouragé, avec laxisme et complaisance, mais pour être transformé, orienté vers sa vraie destination : le bonheur.

Le bonheur et le respect j'ajouterais. Le bonheur, c'est bien, mais il faut que ce soit dans le respect mutuel de tous. Je suis d'accord sinon, bien que François ait une définition de ce qui est mal un peu déformée, à savoir les fantasmes qui encore une fois sont naturels. Après effectivement, le mal et les mauvais côté que nous avons tous (différemment et à différents degrès), autant en effet, les connaître, les apprivoiser, les comprendre afin de mieux les contourner et s'en servir pour faire le bien au lieu du mal. Les occulter, notamment quand ils sont obsessionnels comme le cas de François, risque effectivement d'être vain, car ils seront toujours là et refont surface d'une façon ou d'une autre tant qu'on ne les aura pas compris et modifiés de façon à ce qu'ils nous fassent moins souffrir et éventuellement moins souffrir les autres. Mais dans bien d'autres cas, les gens arrivent facilement à mettre de côté leurs mauvais côtés sans que celà cause de problème à quiconque, car ils arrivent à s'occuper et se socialiser harmonieusement sans que leurs mauvais côtés et fantasmes sordides en viennent alors à les hanter de manière obsessionnelle.

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III.4-APPRENDRE A SE CONNAITRE

Je sens que je dois apprendre à me connaitre de manière précise. Je dois apprendre à me connaitre. Comprendre comment je fonctionne, quels sont mes mécanismes intérieurs, ma logique interne. Ainsi au fil du temps, je découvre une individualité dont j'ignorais presque tout, que j'avais jusque là méprisée et écrasée sans vraiment le connaître.

Chacun devrait apprendre à se connaître de manière précise. C'est le meilleur moyen d'avoir un bon contrôle de sa vie, de ses choix et autres. Après, ce sont surtout ceux qui ont un mauvais contrôle de leurs vies qui ont le plus besoin de se connaitre et c'est même souvent parce qu'ils ne se connaissent pas bien, qu'ils perdent le contrôle d'eux même. Comme quand certaines victimes se font voler certaines parties de leur "moi" (= conscience et connaissance d'eux mêmes) quand ils sont abusés sexuellement. Ils ont alors besoin de récupérer ces fragments d'eux mêmes, afin de regagner le contrôle de leurs vies et avoir une meilleure stabilité émotionnelle.

Ainsi au fil du temps, je découvre une individualité dont j'ignorais presque tout, que j'avais jusque là méprisée et écrasée sans vraiment le connaître.

Celà explique en partie son instabilité et sa confusion, il confirme qu'il ne se connaissait que très peu. Aucun doute aussi qu'en savoir plus sur lui le faisait peur. On en revient à nouveau à la peur de l'inconnu et de ce qu'il pourrait trouver ainsi que la peur de se reconfronter à ses peurs et qu'ils préfèrent mépriser et écraser pour mieux les refouler alors que celà n'a fait qu'augmenter sa tension intérieure.

Marie m'aide à voir mes qualités et mes atouts là où je ne voyais que faiblesse et perversion.

Celà reconfirme bien qu'il faut comprendre d'où vient cette faiblesse et perversion pour se déculpaliser de les avoir. Se dire que si les circonstances avaient été autres, on ne serait pas devenu comme ceci ou comme celà, celà fait beaucoup de bien, car on sait que ce n'est pas entièrement de notre faute alors. De plus, connaître la cause permet d'agir sur cette cause et donc de savoir comment modifier ce que l'on est devenu. Et qu'il ne faut pas oublier les bons côtés qu'on a et qu'un bon soutient mettrait en valeur ses bons côtés que la victime ignore car il ne se focalise que sur ses mauvais côtés.

Mais se libérer du mal n'est pas uniquement chasser ses fantasmes et refouler ses pulsions. La reconstruction de soi se fonde sur la mise en place de nouvelles relations, de nouvelles activités, de nouveaux investissements humains.
La reconstruction de soi est en fait la reconstruction de son point de vue et donc de changements et nouveautés dans sa vie qui contribuent à faire voir les choses autrements.

J'ai décidé de ne plus fuir mais d'affronter la réalité telle qu'elle est. J'ai soif de vérité. Je suis maintenant convaincu que mon héritage personnel peut-être retourné et transformé en armes de reconquête.

Oui, il ne faut pas fuir la réalité, car celà ne fera qu'empirer la situation. La réalité est là qu'on le veuille ou non, la fuir et avoir peur est compréhensible, mais la peur augmente et plus on attend moins on n'ose l'affronter. Le mieux est d'affronter cette réalité présente et passé afin d'en modifier l'avenir. Si nous n'avons pas le contrôle de la réalité passé, nous pouvons modifier le présent et donc le futur, mais pour celà nous devons savoir comment et quoi modifier du passé pour mieux en changer le futur.

Tout ce par quoi je suis passé m'apparait alors comme une connaissance et une expérience exploitables, valorisables et valorisantes. Ce qui me lestait comme du plomb devient alors un bagage précieux, utile aux autres. Je commence alors à reflechir aux moyens pratiques de partager mes découvertes, de mettre en place une solidarité concrète avec d'autres dépendants sexuels. J'envisage la création d'une association et d'un site internet d'entraide et d'information.

Son point de vue à changé, il ne voit plus ses traumatismes comme des fardeaux mais comme des forces et des épreuves qu'il a surmontées. Il y donne aussi un sens en voulant en faire profiter d'autres victimes ce qui renforce sa confiance en lui et renforce le sens qu'il donne à sa vie, ce qui l'aide encore plus à changer de point de vue.

Je connais maintenant les pièges que je me tends à moi même, pour me mettre en état d'échec ou de détresse.

Celà est dû à une meilleure connaissance de lui même.

Je parviens de mieux en mieux à maîtriser mon univers fantasmatique. Il y a bien sûr des défaillances et il m'arrive d'aller regarder quelques images pornographiques sur internet lors d'une période d'anxiété, de fatigue ou de découragement.

Le mieux est que ce soit avec modération et il n'y a pas de mal à le faire tant que celà ne devient pas obsessionnel et que celà ne le refasse pas plonger dans la solitude et la frustration chronique.

Mais ces moments de faiblesse vont en diminuant, tant dans leur durée que dans leur fréquence.

Probablement parce que grâce à une meilleure connaissance de lui même, il sait mieux comment agir sur les causes qui le font regresser. Il peut alors réagir en conséquences pour éviter de replonger dans la dépendance.

J'ai appris à me battre contre moi-même et le gout de la victoire sur moi-même remplace peu à peu celui du perpétuel échec. Je commence enfin à m'assumer et à m'aimer.
Je ressens le besoin ardent de vivre à la lumière pour définitivement rompre avec la honte et le mensonge. Pour moi, il s'agit de quelque chose de vital.

Forcément que celà lui parait vital, car il se sent de plus en plus heureux et a besoin de poursuivre dans ce sens et de continuer à donner un sens à ce qui lui est arrivé afin d'étouffer les autres sentiments négatifs. Plus il ressentira le besoin de détruire le mensonge et la honte, plus il combattera le mensonge et la honte en se donnant confiance en lui, en s'extériorisant et chercher la vérité afin de mieux détruire la honte et le mensonge.

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III.5-CHANGER SON POINT DE VUE

Un soir, je confie à Marie certains aspects de ma vie intérieure secrète. C'est un nouveau test pour notre amour. J'ai besoin de savoir si je suis aimé pour ce que je suis ou si mon couple est construit sur une illusion. Malgré les quelques perturbations qui suivent, notre relation résiste à l'épreuve. A partir de là, les progrès vont être de plus en plus rapides, même si je dois souvent lutter pour dépasser de vieux schémas de pensée qui ressaisissent ponctuellement. Je dois accepter l'idée que la joie ne m'est pas refusée. Retirer la vieille défroque de la victime et de l'indigne mettra plusieurs années. Mis à part quelques dérapages vite dominés, j'ai cessé de consommer de la pornographie et je n'ai plus de masturbation compulsive.
Mon univers imaginaire s'est profondément modifié, ainsi que ma perception globale du monde et de l'homme. En cette année 1999, je sens très nettement que je suis enfin prêt à soutenir d'autres personnes dans leur démarche de transformation. Je veux enfin partager cette victoire et transmettre cette conviction qui m'anime : changer est possible.

Oui, c'est possible. Pour celà, il faut il faut que nous changions notre point de vue. Car avec un point de vue différent, nous aurons une façon d'agir différente, nous verrons le monde et les gens qui nous entourent différemment et nous interagirons et évoluerons alors de manières différentes avec le monde et les gens. Nous aurons également des besoins, des craintes et des doutes différents qui modieront notre vie et notre façon d'agir en conséquence de ces besoins et autres.

Mon action de solidarité va m'aider à parfaire et à consolider ma propre démarche d'évolution.

Généralement, on ne s'engage pas dans une action de solidarité, de lutte, d'aide particulière, si on ne se sent pas personnellement impliqué et concerné. Généralement, une association d'aide aux victimes de prédateurs d'enfants sera dirigé par une victime ou un proche de victime. Souvent les gens s'engageant dans ces démarches le font pour répondre à un besoin personnel particulier. C'est d'ailleurs aussi valable pour moi même. Je ne parlerai pas autant et avec autant d'acharnement et de détermination de pédophilie et des victimes si ça ne répondait pas à un besoin qui m'est personnel et qui me tient à coeur. Il faut juste faire attention aussi à ce que celà ne devienne pas trop personnel et qu'on ne se restreigne pas justement à ce besoin personnel qui risque de nous obscurcir la vue et nous empêcher de voir les choses dans leur ensemble pour nous permettre de progresser et ça quand on s'implique trop personnellement, celà arrive fréquemment. En revanche, celà permet aussi fréquemment d'être plus motivé et plus sérieux dans les recherches qu'on fait. On voit par exemple que des (supposés) spécialistes en victimes et pédophilie, comme Pierre Mailloux, ne sont pas motivés et pas assez sérieux dans les démarches qu'ils entreprennent dans ce domaine. C'est pourquoi ils en viennent à généraliser, banaliser ou extrémiser et surtout se contentent d'explications souvent simplistes sans chercher à creuser très loin dans leurs raisonnements.

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